Conflits, participation et cogestion dans les Aires Protégées

Une étude de cas du Parc National de Lobéké, Cameroun

Les Aires Protégées contribuent aux Objectifs de Développement Durable n°14 et 15, mais génèrent des tensions entre conservation et usages locaux. Le Parc National de Lobéké (PNL), au sud-est du Cameroun, illustre ces défis : pauvreté des communautés locales, conflits fonciers, braconnage, et violations des droits humains par les écogardes. Malgré une cogestion par le MINFOF et le WWF, la gestion du PNL souffre d’un manque de personnel qualifié, de financement insuffisant, et de conflits entre institutions. L’écotourisme est quasi inexistant, et le braconnage persiste à grande et petite échelle. Les approches « soft » (sensibilisation) et « hard » (patrouilles armées) sont inefficaces et mal perçues. La participation communautaire est déficiente : mécanismes de partage des revenus, zones communautaires et plateformes multipartites sont inopérants ou injustes. Le processus de création du parc et le zonage ont ignoré le consentement libre, préalable et éclairé, notamment des Baka. Les zones de chasse communautaires sont accaparées par des intérêts commerciaux au détriment des droits d’usage locaux. Cette étude s’appuie sur la théorie d’Ostrom et la typologie de Mascia et al., en explorant les dimensions de gestion, participation, moyens de subsistance et conflits. L’approche qualitative comprenait des entretiens, discussions, PhotoVoice, théâtre et observation. Les résultats ont été partagés avec les parties prenantes pour formuler des recommandations visant une gouvernance plus équitable et efficace du PNL et de sa zone tampon.

Lambini, Cosmas Kombat, Julia Bayer, Tobias Beyer, Konstantin Engelbrecht, May Hokan, Yannic Kiewitt, Nicolas Mielich, Henrice Stöbesand